House of Startups: le maillon dans l'écosystème des jeunes pousses
La Maison des Startups rassemble incubateurs, accélérateurs et centres d'innovations.

Le Grand-Duché porte l'ambition de devenir une start-up nation. Cette aventure a commencé il y a quelques années avec la naissance des premiers incubateurs pour jeunes entreprises innovantes. Aujourd'hui les structures d'accompagnement sont devenues plus nombreuses et une quinzaine d'incubateurs témoignent de ce dynamisme innovant du Luxembourg.

C'est dans des bureaux modernes dans le quartier de la gare centrale, en face de l'actuel siège d'ArcelorMittal, qu'on retrouve un de ces incubateurs qui soutient les jeunes pousses à se développer. La House of Startups (HoST) a choisi le bâtiment du Dôme, installation attrayante de 6.000 mètres carrés sur cinq étages, bien équipée et dotée d'une infrastructure informatique de premier ordre. Des salles de conférence et des espaces de réunion invitent les entrepreneurs à travailler, interagir et présenter leurs idées.

La Maison des Startups rassemble incubateurs, accélérateurs et centres d'innovations. En tout, elle peut accueillir entre 150-200 startups innovantes. C'est ainsi qu'on pourrait définir en résumé la House of Startups, qui réunit sous un même toit plusieurs hubs dont notamment le Luxembourg House of Financial Technology (LHoFT), le Luxembourg-City Incubator (LCI), le Hub@Luxembourg et l'International Climate Finance Accelerator Luxembourg (ICFA)

© SIP / Emmanuel Claude

Les locaux impressionnants de quelques 6.000 mètres carrés de la HoST sont situés en plein coeur du quartier de la gare.

© SIP / Emmanuel Claude

La House of Startups accueille entre 150-200 startups innovantes, ainsi que quatres incubateurs.

Un centre névralgique de l'innovation

Porté par la Ville de Luxembourg et la Chambre de commerce, la House of Start-ups a été créée pour devenir un des plus grands incubateurs du Luxembourg avec la mission de servir comme fédérateur pour l'écosystème de l'innovation. "Accueillir tous les acteurs clés de l'écosystème des start-ups permettra aux idées de circuler librement et de donner vie aux innovations", a déclaré Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce du Luxembourg, lors de l'inauguration de la House of Startups le 1er juin 2018.

Jusqu'en 2020, la HoST était pilotée par Karin Schintgen, ex-responsable du Lux Futur Lab de la BGL-BNP Paribas. Dans une brève interview, la CEO de la House of Startups explique les missions et les objectifs de la maison des entreprises en démarrage et évoque les avantages de ce lieu de rencontre pour les entrepreneurs ayant une vision. 

3 questions à Karin Schintgen, Ex-CEO de la House of Startups

1. Vous ne louez pas seulement des bureaux à des startups. Mais la House of Startups accompagne aussi les entreprises innovatrices en démarrage. Quelles sont les missions de la HoST?

La House of Startups est un campus d’incubateurs, d’accélérateurs et de innovation Hubs qui eux louent directement à des startups.  Nous essayons de réunir et de fédérer au sein de la House of Startups une multitude d’acteurs de l’écosystème qui tous sont impliqués dans des secteurs technologiques soit différents soit complémentaires à ce qui se fait déjà sur la Place: la Fintech avec la LHoFT (Luxembourg House of Fintech); le Urbantech, Commerce, tourisme, environnement, logistique, construction au LCI (Luxembourg City Incubator); le financement climatique  à l’ICFA (international Climate Finance Accelerator); le Maritime, Space, Fintech, Cybersecurity etc au Hub du Groupe Crédit Agricole.

La mission de la HoST est d’être un moteur de l’Innovation au Luxembourg en fédérant, promouvant, supportant et en catalysant l’écosystème et le monde des entreprises luxembourgeoises.

Le 1er janvier la House of Startups a changé de gouvernance. La CEO de la HoST, Karin Schintgen, a passé les commandes à Philippe Linster, arrivé à la Chambre de commerce en 2017. Karin Schintgen restera consultante indépendante auprès de la House of Startups, plus particulièrement en charge des partenariats à l’international. Elle développera notamment EU Tribe, un réseau d’incubateurs de la Grande Région.

 

2. Comment jugez-vous l'évolution de l'écosystème des startups au Luxembourg ces dernières années? Dans quels domaines souhaitez-vous encore voir l'éclosion de nouvelles start-ups?

Je dirai qu’on a fait de très gros progrès tant au niveau de l’offre d’espaces que des supports (coaching, financement, marketing etc). Ces dernières années on s’est aussi beaucoup spécialisé notamment vers la finance ce qui dans l’après 2008 était une nécessité et plus récemment vers les Spacetech ce qui est aussi une nécessité dans la mesure ou, pour survivre, le Luxembourg doit se réinventer en permanence. Pour moi il s’agit évidemment de consolider tout cela et de continuer à développer nos compétences dans des technologies pour ainsi dire transverses comme la cybersecurity et l’intelligence artificielle. À côté de cela, j’aimerais beaucoup qu’on développe davantage des pôles technologique plus forts dans des secteurs tels que le retail, le tourisme, l’urbanisation et la construction, l’ éducation, la logistique …. On aussi des progrès à faire au niveau du financement de cette économie qui pour l’instant se retrouve dans les mains des pouvoirs publics et de financiers tels que les VC. Je pense qu’il faut trouver un moyen pour impliquer le public et les jeunes faute de quoi les Luxembourgeois deviendront les spectateurs passifs de leur propre économie.

3. Comment se positionne la HoST dans la Grande Région? Comment les start-ups implantées au Luxembourg profitent-elles de coopérations éventuelles avec les pays avoisinants?

La Chambre de commerce du Luxembourg est un acteur très dynamique de la Grande Région et donc tout naturellement l’idée m’est venu d’appliquer cette réalité historique et économique au monde des startups. Une startup ne pense pas en terme de marchés locaux puisqu’un élément fort de réussite des modèles startups est leur ‘scalability’ donc leur capacité de réplication de leur modèle économique sur d’autres marchés. Or la Grande Région offre un marché  de 11 millions de citoyens, de plus de 60 incubateurs et de centres de recherches et de compétences majeurs en Europe. Quand on la regarde de près on voit une véritable mégalopole technologique capable de rivaliser - pour autant qu’on s’organise - sur une plateforme cohérente avec des grandes capitales tels que Paris ou Berlin. Il faut réussir à tout prix à garder dans nos régions les talents et compétences que nous avons et il faut à tout prix aussi attirer vers ce marché technologique les entreprises et investisseurs étrangers. Ceci ne peut réussir que si nous réunissons nos forces. C’est là toute l’envergure du projet EU-TRIBE qui à l’heure actuelle regroupe déjà une vingtaine d’incubateurs de la Grande Région (Rhénanie, Saar, Lorraine, Wallonie, Luxembourg).