Aux origines du Luxembourg
D’un petit château vers un comté puissant

Aux origines du Luxembourg, on trouve Lucilinburhuc, le "petit château" mentionné pour la première fois dans un acte datant de 963, perché sur un éperon rocheux et entouré de forêts, de pâturages et de légendes. Une politique de mariage habile, des acquisitions et quelques conflits guerriers permettent au comté de devenir, au début du 13e siècle, une puissance régionale importante.

Il fut un petit château

Les origines du Luxembourg sont modestes, mais prometteuses. Le comte Sigefroi, fils cadet d’un comte des Ardennes et sans dotation importante, reçoit en 963 de l’abbaye Saint Maximin de Trèves, en échange contre des terres, un castellum situé sur un éperon rocheux – aujourd'hui le rocher du Bock.

Localisé non loin de l’ancienne route romaine de Reims à Trèves et entouré de terres fertiles, un petit bourg castral se forme et se développe en véritable centre économique, politique et religieux.

Une expansion rapide

À partir du 12e siècle, on peut parler de Luxembourg comme d’une vraie ville. Elle est devenue un centre économique, politique et religieux régional avec des ambitions loin au-delà des hauteurs et vallées qui l’entourent.

En effet, les comtes de Luxembourg réussissent à agrandir rapidement leurs possessions par les mariages, par l’achat de terres, par les liens de vassalité et par la guerre, s’il en faut. Ils réussissent à soumettre leurs rivaux, même s’ils subissent parfois des revers comme à la bataille de Worringen (1288), où le comte Henri VI et trois de ses frères tombent, mortellement blessés.

Vitrail à la Cathédrale Notre-Dame de Luxembourg - Verrières de la tribune grand-ducale (artistes: Josef Oberberger / Franz Braunmiller - 1936)
© cathol.lu / Christophe Hubert

À la fin du 13e siècle, le comté de Luxembourg occupe un vaste espace situé entre la Meuse et la Moselle. Il a la particularité d’être situé à cheval sur la frontière linguistique, une partie étant germanophone et une autre francophone.

La belle Mélusine

Plusieurs légendes se racontent autour de la fondation de la ville, la mieux connue étant celle de la fée Mélusine, un personnage mythique du Moyen Âge présent dans différentes régions d’Europe.

Le comte Sigefroi l’avait épousée sous une condition particulière. Avant les noces, elle avait exigé d’avoir une journée de la semaine pendant laquelle personne, même pas son mari, n’aurait le droit de la voir.

Au bout de quelques années, la curiosité commence à ronger Sigefroi qui, un jour, regarde par le trou de serrure. Quelle surprise de voir sa belle Mélusine avec une queue de poisson! Il avait en effet épousé une sirène. Étonné par la découverte, il pousse un cri qui alerte Mélusine que son secret est désormais connu. Aussitôt, elle se lance par la fenêtre sur les rochers du Bock et disparaît dans un coup de tonnerre.